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De Lorimier

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Généalogie

Généalogie de Lorimier

 

Le pionnier des de Lorimier

 

L’histoire des de Lorimier commence dans l’actuel 1er arrondissement de Paris, au coeur de la paroisse Saint-Leu-Saint-Gilles. C’est là un des beaux et heureux hasards de l’histoire puisque cette église est aujourd’hui celle de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, un ordre de chevalerie… et Dieu sait que le terme Chevalier est indissociable du patronyme de Lorimier. En 1657, y voit le jour Guillaume de Lorimier, fils de Guillaume de Lorimier et de Jeanne Guilbault, membre d’une famille de petite noblesse. Doté du titre de seigneur des Bordes, il arrive ici en 1685 comme lieutenant des Troupes de Marine; un corps d’armée terrestre (comme le nom ne l’indique pas!), envoyé ici en garnison par le roi Louis XIV. Il s’agit des seules et uniques troupes régulières en Nouvelle-France jusqu’en 1755.

 

L’ancêtre Guillaume est un sanguin! Ses supérieurs disent de lui qu’il «est attaché au vin, mais bon officier»! Alors capitaine, il provoque en duel à Québec Pierre Payen de Noyan pour une histoire de jeu. Les duels sont interdits et punis par la loi depuis Richelieu. De Lorimier sera non seulement blessé, mais il devra en plus s’acquitter d’une amende de 50 livres, remise à des œuvres de charité. Déchu de son commandement, il le retrouvera un an plus tard.

 

Le 27 janvier 1695, soit 10 ans après son arrivée, Guillaume épouse Marguerite Chorel à Champlain, à l’est de Trois-Rivières. Née vers 1670, celle-ci est la fille du sieur François Chorel de Saint-Romain dit d’Orvilliers et Marie-Anne Aubuchon. Avec l’argent de la dot versé par son père pour son mariage, Marguerite acquiert la pointe bordant le lac Saint-Louis où se trouvait auparavant le poste de traite de Jacques Le Ber et Charles Le Moyne. (On avance souvent que le premier bâtiment aurait été détruit par les Iroquois lors du massacre de Lachine en 1689 et que les de Lorimier auraient reconstruit une maison en 1697. Mais selon le musée de Lachine, les fouilles archéologiques n’ont pas permis de le prouver).

 

Guillaume et Marguerite auront 4 enfants, mais seulement 2 atteindront l’âge adulte: Marie-Jeanne, née à Lachine en 1702, et Claude-Nicolas, né à Lachine en 1705. Officier des troupes de la Marine comme son père, celui-ci sera notamment décoré de la Croix de Saint-Louis en 1759, seul ordre militaire décerné en Nouvelle-France. Avant lui, Callière, Frontenac ou encore Le Moyne d’Iberville recevront cette décoration, c’est dire l’honneur qui lui est fait! Il est l’arrière-grand-père du fameux patriote.

 

Malheureusement, les enfants de Lorimier n’auront pas vraiment la chance de connaître leur père. Peu après leur naissance, le pionnier Guillaume de Lorimier s’éteint à Montréal, le 29 juillet 1709, à l’âge de 52 ans. Après sa mort, Marguerite Chorel continuera à cultiver la terre entourant sa maison, où elle vivra jusqu’à son dernier souffle, en 1736. La demeure restera dans la famille jusqu’en 1765. Le fils Claude-Nicolas unira sa destinée à Marie-Louise Lepailleur en 1730. Leur garçon François-Thomas mariera ensuite Marguerite Sabrevois de Bleury à Montréal, en 1769. Puis naîtra Guillaume-Clément Verneuil de Lorimier, qui épousera Marguerite-Adélaïde Perreault à Saint-Cuthbert, le 12 mars 1795. C’est dans ce village que naîtra, le 27 décembre 1803, leur célèbre fils: François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier

 

Le patriote Chevalier de Lorimier

 

François-Marie-Thomas (Chevalier) de Lorimier, notaire, chef des patriotes en 1837-1838, est né à Saint-Cuthbert le 17 décembre 1803 de l’union de Guillaume Verneuil de Lorimier, agriculteur, et de Marguerite-Adélaïde Perreault. Troisième enfant d’une fratrie de 10, il prit le nom de Chevalier de Lorimier, nom qui lui a été donné par son oncle et parrain. Il épouse Henriette Cadieux à Montréal le 10 janvier 1832.

 

Chevalier de Lorimier participe activement à la vie politique du Bas-Canada à compter de 1827. Fils de la Liberté, il est présent à l’assemblée des Six-Comtés à Saint-Charles en 1837 et participe à la bataille de Saint-Eustache où il est blessé.

 

En 1838, il est de nouveau au front par la mise sur pied des Frères chasseurs. Il participe au soulèvement de Beauharnois et il est arrêté dans les bois le 12 novembre 1838. Il subit un procès en cours martiale à Montréal.

 

Trouvé coupable de haute trahison, il est condamné à mort et pendu à la prison du Pied-du-Courant le 15 février 1839 laissant dans le deuil son épouse et ses deux filles.

 

Chevalier de Lorimier n’a pas eu droit à une inhumation religieuse. Il fut enterré dans une fosse de l’ancien cimetière catholique de Montréal au Square Dominion. En 1858, on a procédé à l’exhumation de son corps qui fut transporté et inhumé au monument dédié aux victimes de la rébellion de 1838-1839 dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

 

Ironiquement, l’avenue de Lorimier s’appelait anciennement Colborne, du nom du gouverneur responsable de la pendaison des patriotes. Elle a été rebaptisée en l’honneur du patriote par la ville de Montréal, le 27 juin 1883.

 

Le cinéaste Pierre Falardeau a réalisé le film 15 février 1839 sur l’exécution de Chevalier de Lorimier à la prison du Pied-du-Courant à Montréal. Le cinéaste Michel Brault a aussi tourné un long métrage sur l’histoire des rébellions et des pendaisons des patriotes, Quand je serai parti, vous vivrez encore.

 

Sources bibliographiques

 

Base de données personnelle de Marcel Fournier sur les pionniers de la Nouvelle-France
Base de données du Programme de recherche en démographie historique de l’Université de Montréal (PRDH)
Base de données notariales Parchemin
Les noms de famille au Québec de Louis Duchesne
L’annuaire des citoyens du Québec
Dictionnaire biographique du Canada
Dictionnaire des ancêtres québécois de Michel Langlois
Dictionnaire encyclopédique et historique des patriotes 1837-1838 d’Alain Messier

 

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