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Ouellet

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Généalogie

Généalogie des Ouellet-te



Le nom Ouellet (et sa forme féminisée Ouellette) détient le 11e rang des patronymes les plus répandus au Québec avec près de 34 000 porteurs. On recense 75% de Ouellet et 25% de Ouellette. 

 

L’étymologie du nom est incertaine. Certains généalogistes français penchent pour un dérivé de l'ancien français oeille (brebis). Jean Cournoyer, pour sa part, écrit qu’il pourrait être la transformation graphique d'un diminutif du vieux français houel, désignant un cultivateur possédant une houe ou désignant un marchand de houes. Les houes sont des instruments aratoires en fer, larges et recourbés, munis d’un manche de bois, avec lesquels on remue la terre en la tirant vers soi. Enfin, cela pourrait aussi être une transformation graphique de ouillet, la forme méridionale d'oeillet, désignant un petit œil.

 

Un seul immigrant a introduit le nom chez nous : René Hoûallet. À partir de la troisième génération, ses descendants, installés dans la région de Kamouraska, abandonneront l’orthographe Hoûallet pour Ouellet ou Ouellette, les deux formes que l’on retrouve aujourd’hui.

 

Les registres témoignent toutefois d’une hésitation certaine puisqu’on y trouve le nom écrit de toutes ces façons :

 

Hoilet, Houailet, Houalet, Houalette, Houallet, Houallette, Houelet, Houellet, Houellette, Houilet, Houlet, Oelet, Oelete, Oelette, Oellet, Oellette, Oielette, Oiellet,  Oilet, Oilette, Oillet, Oillet, Ouaillet, Oualet, Oualette, Ouallet, Ouallette, Ouelet, Ouelett, Ouelette, Ouelette, Ouellet, Ouellette, Oueslet, Oueslet, Oueslette, Oueslette, Ouillet, Oullet, Oylet, Oyllet, Welet, Welette, Wellet, Wellette, Wilet, Willet, Willete, Willette, Wollet, Wouellet

 

 

L’ancêtre René Hoûallet

 

L’unique pionnier des Ouellet serait né à Paris, dans la paroisse St-Jacques-du-Hautpas, voisine du Jardin du Luxembourg, de l’union de François Houallet et d’Élisabeth Barré. Sa famille bénéficiait d’une certaine aisance puisqu’un document de 1639, à Paris, spécifie que François Hoûallet est «commis aux cinq grosses fermes de France». (Les cinq grosses fermes de France sont les territorialités, des divisions administratives financières provinciales soit : Bourgogne à Dijon, Provence à Aix, Aquitaine à Bordeaux, Casgogne à Toulouse et Ile-de-France, ferme de Versailles, à Paris).

 

Par la suite, le père du pionnier deviendra Receveur général de la province du Poitou, titre qui apparaît dans le contrat de mariage de René au Canada. La famille habite alors le bourg de Beaupère, évêché de Luçon, ayant, selon toute vraisemblance, migré pour les besoins de la fonction.

 

Probablement arrivé depuis peu, René Hoûallet, âgé de 21 ans, épouse dans l'église Notre-Dame de Québec, le 8 mars 1666, Anne Rivet, de Saint-Gervais de Séez, Basse-Normandie. Veuve de Grégoire Hisse, receveur de la huitième de Bretagne, cette Fille du Roy était arrivée au pays en 1665. L’intendant Jean Talon lui-même assiste à la signature de leur contrat de mariage, ainsi qu’une brochette de personnages distingués. On y voit la signature de René Hoûallet, ce qui témoigne d’une certaine instruction. Trois fils naissent de cette union et sont baptisés à Sainte-Famille, sur l’Île-d'Orléans, où le couple s’établit.

 

Perdant sa femme prématurément, l’ancêtre sera ensuite mêlé à une sombre histoire : on lui intente un procès pour meurtre, après le décès de Martin Guérard, trouvé mort dans les glaces sur la grève de l'Île-d'Orléans, le 13 avril 1676. La logeuse du couple Guérard soupçonne René Hoûallet d’assassinat dans le but d’épouser Marie Boette, la femme du défunt. Faute de preuves suffisantes, on classera l'affaire et la mort de Guérard restera inexpliquée.

 

Hoûallet quitte alors la région de Québec pour se fixer à la Rivière-Ouelle (dont le nom ne vient pas de Ouellet, mais de Louis Houel, l'un des directeurs de la Compagnie des Cent-Associé). Il convole en secondes noces à la Grande-Anse à La Pocatière (mariage enregistré à Québec) avec non pas la veuve Marie Boette, mais Marie-Thérèse Migneault, née en Nouvelle-France en 1651, mère de quatre enfants issus de son mariage à Nicolas Lebel. Ceux-ci s’ajoutent aux trois enfants Hoûallet.

 

Marie-Thérèse donne huit autres enfants à son nouvel époux, dont six se marieront, comme les trois garçons du premier lit de René Hoûallet. Le pionnier aura ainsi 103 petits-enfants et plus d’un demi-millier d’arrière-petits-enfants, dont une majorité de Ouellet, ce qui explique la fréquence du nom aujourd’hui.

 

René Hoûallet meurt criblé de dettes le 15 janvier 1722, à 77 ans environ, âge très honorable pour l’époque. Non doué pour le métier de fermier, il végétait et payait ses dettes en vendant des parcelles de terres. Pourtant, il réussira à établir la plupart de ses enfants, sinon tous, et il se permettra,  par testament, de donner un arpent de front de terre à l'église de Sainte-Anne-de-la-Pocatière afin de faire dire 50 messes pour le repos de son âme et, par la suite, une messe tous les ans pendant 20 ans.

 

Sa seconde épouse le suivra dans la tombe trois ans plus tard.

 

 

Quelques Ouellet notoires

 

  • Rose Ouellette, dite La Poune. Femme de théâtre (comédienne et directrice) née en 1903. Commence sa carrière en 1925 avec Olivier Guimond (père). Directrice du Théâtre Cartier (Saint-Henri, Montréal, 1928-1936), puis du Théâtre National (1936-1953). En 1953, elle se lance dans le burlesque, le cabaret et le vaudeville. Chevalier de l'Ordre national du Québec (1990). Décès en 1996.

 

  • Dave-Éric Ouellet, alias MC Gilles. Animateur et mélomane né à St-Pierre-de-Lamy en 1973. Collaborateur aux émissions Infoman, Pénélope McQuade et Puisqu’il faut se lever. Animateur de l’émission radiophonique Va chercher le fusil ! sur les ondes de CISM 89,3 FM.

 

  • Madeleine Ouellette-Michalska, née à Saint-Alexandre de Kamouraska, en 1934. Femme de lettres et critique littéraire (La Maison Trestler ou le 8e jour d'Amérique, La Femme de sable, L'Échappée des discours de l'oeil). Prix du Gouverneur général du Canada 1981.

 

  • Fernand Ouellette, né à Montréal, en 1930. Poète et essayiste (Les Actes retrouvés, Éveils, Les Heures), il a raflé tous les prix littéraires dont le Prix David et celui du Gouverneur général du Canada, qu'il refuse, en 1970. Il a cofondé la revue Liberté.

 

  • Mgr Marc Ouellet, né à La Motte, le 8 juin 1944, cardinal-archevêque de Québec et primat de l'Église canadienne.

 

  • Fernand Ouellet, homme de lettres (historien et essayiste) né en 1926 à Lac-Bouchette. Grand Prix du Livre de Montréal (1966). Membre de la Société royale du Canada-SRC (1967). Prix David de la Province de Québec (1967). Médaille J.B.-Tyrrell de la Société royale du Canada-SRC (1970). Prix littéraire du Gouverneur général du Canada-GGC (1976).

 

  • Caroline Ouellette. Athlète (hockey) née en 1980 à Montréal. Médaille d'or comme membre de l'équipe féminine de hockey du Canada aux Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City (2002), Turin (2006) et Vancouver (2010). Intronisée au Temple de la renommée olympique du Canada en 2009.

 

  • Francine Ouellette. Femme de lettres (romancière) née en 1947 à Montréal. Prix France-Québec Jean-Hamelin de l'Association des écrivains de langue française (1986). Prix du grand public du Salon du livre de Montréal (1993). Prix des lecteurs du Journal de Montréal (1994).

 

Recherche : Bertrand Desjardins

 

 

 

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