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Phaneuf

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Généalogie

Généalogie des Phaneuf





 

CLAUDE-MATHIAS FANEF

(Né Matthias Farnsworth)

Ancêtre de tous les

PHANEUF

 

 

L'histoire des Phaneuf commence le 2 octobre 1713, à Rivière-des-Prairies, par le mariage de Catherine Charpentier et de Claude-Mathias Fanef, né Farnsworth 1. Tous les Phaneuf du Ouébec et du monde entier sont issus de cette union.

 

Catherine avait comme parents, Gilles dit Jean Charpentier et Françoise Hunault, mariés le 22 avril 1691 à Rivière-des-Prairies 2. Même si certains registres paroissiaux ont brûlé, tout porte à croire que Catherine était l'aînée des enfants du couple Charpentier. Elle serait née vers 1692, probablement à Rivière-des-Prairies.

 

Les grands-parents de Catherine se nommaient Jean Charpentier dit Lapaille marié à Québec à Barbe Renaud. Jean venait de Veulettes-sur-Mer, pays de Caux, Ar. Dieppe, Archev. Rouen en Normandie où habitaient les arrière-grands-parents de Catherine: Cyprien Charpentier et Catherine Thérelle. Barbe était la fille de Vincent Renaud et Marie Martin de Notre-Dame de Cougnes, La Rochelle en Aunis 3.

 

Quant à Claude-Mathias Fanef, il est né "Matthias Farnsworth" à Groton au Massachusetts, le 6 août 1690 4 (Calendrier ancien style en vigueur à l'époque en Nouvelle-Angleterre). Il était le sixième enfant de Matthias Farnsworth Jr (Matthias II) et de Sarah Nutting qui s'étaient mariés à Groton au Massachusetts, le 1er mars 1681 15.

 

Le grand-père de Claude-Mathias s'appelait également Matthias (Matthias I) et fut le premier Farnsworth de  sa lignée à venir s'établir en Nouvelle-Angleterre. Il est né en Angleterre le 20 juillet 1615, dans la région de Manchester, comté du Lancashire 16 .C'est probablement à cet endroit, vers les 1646, qu'il s'est marié avec une première épouse, possiblement Sarah Holden. De cette première union naquirent trois enfants: Elizabeth (1647), Matthias Jr (1649) et John (1651), tous nés en Angleterre.

 

En 1655, ce premier Matthias Farnsworth en Amérique, vivait aux environs de Lynn près de Boston, où il épousa en secondes noces, Mary Farr, avec laquelle il eut huit enfants. Vers 1660, il alla s'établir à Groton, toujours au Massachusetts où il sera l'un des pionniers et occupera des postes importants au sein de sa communauté 5.

 

Quant à Matthias III, celui qui devint par la force des événements: "Claude-Mathias Fanef", il ne connut pas son grand-père qui décéda un an avant sa naissance. Quant à son père, Claude-Mathias n'avait que trois ans quand ce dernier (Matthias II) décéda en 1693. Sa mère se remaria avec John Stone, le 7 décembre 1698, à Concord au Massachusetts, mais continua de demeurer à Groton, puisque ses deux enfants avec Stone, naquirent tous deux à Groton (John en 1699 et James en 1701) 6.

 

À cette époque, la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre étaient continuellement en guerre. Les tribus amérindiennes étaient départagées dans les deux camps, au gré de leurs intérêts économiques.

 

Lorsque le jeune Matthias III fut enlevé par une vingtaine d'Amérindiens alliés des Français, il travaillait avec d'autres hommes dans les champs de Groton, à faire les moissons. L'escarmouche se solda par deux morts: un dans chaque camp.

 

Deux hommes furent également capturés: un dénommé Butterfield (qui par la suite réussit à s'échapper) et un "autre homme", Matthias Farnsworth, alors âgé de quatorze ans, amené en captivité en Nouvelle-France. 7.

 

Les Amérindiens qui l'enlevèrent le 11 août 1704 de notre calendrier (le 1er août 1704, calendrier ancien style de la Nouvelle-Angleterre) le ramenèrent à Montréal, dans leur tribu du Sault-au-Récollet.

 

Matthias demeura en captivité chez les Amérindiens du Sault jusqu'à la fin de 1705 ou au tout début de 1706. C'est alors qu'il fut racheté par les Sulpiciens, en occurrence, par Messire François Vachon de Belmont et fut baptisé le 10 janvier 1706 8. Il eut comme parrain le Gouverneur Claude de Ramezay (d'où son second prénom) et comme marraine, Elisabeth Souart, épouse de Charles LeMoyne sieur de Longueuil.

 

On tenta de prononcer et reproduire son nom selon la consonance anglaise de l'époque. Cela donna "Farneth" à son baptême, puis  "Fanef" à son mariage. Après avoir subi plusieurs variations (Farnets, Fanef , Fairnout, Phaneffe, Faneffe, Faneuf, puis finalement Phaneuf) selon le caprice des scribes.

 

Claude-Mathias demanda sa naturalisation le 30 octobre 1706 17. Il l'obtiendra en mai 1710 9. Il travailla pour les Sulpiciens jusqu'aux environs  de 1711. En remerciement de ses services, Messire de Belmont lui confère une première terre à Rivière-des-Prairies, le 19 juillet 1711 10.

 

Le 2 octobre 1713,Claude-Mathias épouse la fille de son voisin, Catherine Charpentier 11. Ils vécurent heureux à Rivière-des-Prairies et y élevèrent dix de leurs douze enfants (2 moururent en bas âge) qui leur donnèrent 115 petits-enfants (dont 110 naquirent avant la mort de Mathias). Six garçons assurèrent le patronyme des "Fanef". Joseph alla s'établir à Sainte-Rose (ainsi que ses quatre soeurs), tandis que les autres, Claude, François, Jean-Baptiste Paul et Pierre, vinrent successivement s'établir à Saint-Antoine-sur-Richelieu. Comme ce fut le cas pour leurs ancêtres, ils figurent parmi les pionniers des lieux 12.

 

Vers la fin de leur vie, Catherine et Mathias vinrent rejoindre leurs garçons

à Saint-Antoine. Si on se fie au recensement de 1765 13, le couple demeura probablement chez leur fils Jean-Baptiste.

 

Mathias mourut le 7 août 1773 à l'âge de 83 ans, Catherine le 29 juin 1777, probablement à l'âge de 85 ans. Ils furent tous deux inhumés à Saint-Antoine-sur-Richelieu, le lendemain de leur  décès respectif 14.

 

Le 2 octobre 1999, leurs descendants inaugurèrent un monument en leur mémoire à l'entrée du cimetière, près de l'église 18.

 

Aujourd'hui on retrouve des Phaneuf non seulement aux quatre coins du Québec, mais aussi ailleurs au Canada, aux États-Unis ainsi qu'en Europe.

 

Texte: Jean-Marc Phaneuf

 


SOURCES:

 

 

1  Le frère ELIE, La famille Phaneuf-Farnsworth, 1915.

2  Programme de recherche en démographie historique de l'Université de Montréal, 1980.

3  René JETTÉ, Dictionnaire généalogique des familles du Québec, 1983.

4  VITAL RECORDS OF GROTON, MASSACHUSETTS, To the End of the Year 1849, The Essex Institute, Salem,                                     

   Mass., 1926, vol. I, Birth, p. 78 (calendrier ancien style alors en vigueur en Nouvelle-Angleterre).

5  Samuel A. GREEN, M.D., Groton during the Indian Wars, 1883, p. 10, 68-69.

6  Caleb BUTLER, History of the Town of Groton, 1848, p. 438.

7  Samuel A. GREEN, M.D., History of the Town of Groton, Massachusetts, 1890, vol. II, p. 364 - 365.

Acte de baptême de Claude-Mathias Farneth, Archives nationales du Québec, registres de la paroisse Notre-Dame                               

    de Montréal,10-01-1706.

Lettre de naturalisation de Claude-Mathias, Archives nationales du Québec, no 4M00-6366.

10 Concession d'une terre de 3 x 20 arpents à Claude-Mathias, Archives Nationale du Québec (Montréal), minutier                                     

    de P. Raimbault, 19-07-1711.

11 Contrat de mariage de Claude-Mathias Fanef et de Catherine Charpentier, Archives nationales du Québec                                              

   (Montréal), minutier de P. Raimbault, 25-09-1713.

12 Livre du 225ième anniversaire de Saint-Antoine-sur-Richelieu, 1975.

13 Rapport de l' archives de la province de Québec, p. 77, Archives nationales du Québec.

14 Actes de décès, Registre de Saint-Antoine-sur-Richelieu, Archives nationales du Québec.

15 New England Historical and Genealogical Register. Calendrier ancien style.

16 Régisres de l'église St-Mary, Eccles, Lancashire, Angleterre, vérifiés et retranscrits par la Lancashire Parish                                                 

   register Society en collaboration avec The Society of Genealogists in London, référence LA/R25, (ces données ont                                     

   été fournies par le Révérend Patrice F.S. Farnsworth One-Name Study, Society of Genealogists UK).                                          

17 Demande de naturalisation, Archives de la Ville de Montréal, Fonds Philéas Gagnon, numéros IG 4378 et

   D 41065, cartable 26.

18 Guy LETELLIER et Jean-Marc PHANEUF, Claude-Mathias Fanef, ancêtre de tous les Phaneuf, Montréal,

   3ième édition, automne 2000, p. 212-213.

 

P.-S. Question de datation, il est important de noter que jusqu’en 1752, le calendrier en vigueur en Nouvelle-Angleterre n’était pas le même qu’en Nouvelle-France. Avant 1752, en Nouvelle-Angleterre, on utilisait l’ancien calendrier (Old Style, comme l’appellent les Anglais) ou plus officiellement, le calendrier « Julien », alors qu’en Nouvelle-France, on utilisait déjà le calendrier « Grégorien » qui est aujourd’hui universel. Il faut faire attention, car il y a une dizaine de jours de différence entre les deux calendriers et, de plus, chez les anglais, l’année ne débutait pas le 1er janvier, mais le 24 mars. C’est pourquoi, pour s’y retrouver, les chercheurs indiquent habituellement de quel calendrier il s’agit. On retrouve les lettres «O.S.» après la date (Old Style) ou encore 1703-4, pour un événement s était produit entre le 1er janvier et le 24 mars 1703.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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